Pour réussir le redressement du groupe internet, Yahoo! a embauché Marissa Mayer, une des dirigeantes de Google où elle a travaillé 13 ans, au poste de directrice générale après avoir été directrice de l’innovation produits*. Cette nomination est-elle l’ultime renaissance de Yahoo ? La première marque** de l’internet mondial des années 90 n’en finit pas de garder sa place de portail mondial de 700 millions d’internautes dans un marché qui a été dominé dans les années 2000 par Google , Facebook, Amazon et Microsoft (après avoir pourtant tenté de racheter la marque mauve et son point d’exclamation en 2008). Marissa Mayer, déjà une star dans le monde du business internet, aura-t-elle l’audace de faire ce que ses actionnaires ne veulent pas ? L’analyste Trip Chowdhry, chez Global Equities Research, pense que non selon son témoignage à l’AFP. C’est douter des capacités de conviction de Merissa Mayer, sans doute la femme la plus experte au monde sur le web et la trilogie interactivité/innovation/individualité.

Mme Mayer, 37 ans, qui prend ses fonctions depuis mardi 17 juillet, est la quatrième patronne de Yahoo! depuis que ce groupe phare de l’internet a repoussé une offre de rachat de Microsoft en 2008. En 2009, Yahoo! avait remplacé son cofondateur Jerry Yang par Carol Bartz, recrutée chez les logiciels professionnels Autodesk. Marissa Mayer, 20e employée et première femme de Google en 1999, a été responsable du lancement d’une centaine de fonctionnalités et produits clé, pour le moteur de recherche, Google News, Google Maps et la messagerie Gmail, entre autres.
En début d’année, il a confié son redressement à un ancien du groupe de paiements en ligne Paypal, Scott Thompson, poussé vers la sortie en mai par un investisseur activiste, le fonds Third Point de David Loeb, après la révélation d’embellissements de ses qualifications sur son CV. Depuis, c’est le patron de l’activités médias du groupe, Ross Levinsohn, qui avait pris les rênes à titre intérimaire et semblait bien placé pour rester. La nomination surprise de Mme Mayer, l’une des figures les plus connues du milieu de la high tech après 13 ans chez Google, a été finalement applaudie par plusieurs figures de la Silicon Valley.
Le président et cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, s’est dit « super excité » pour le groupe et pour Mme Mayer. « Ils vont parfaitement ensemble. Félicitations Marissa! » Même Eric Schmidt, président du conseil d’administration de Google, a tiré son chapeau: « Yahoo! a fait un très bon choix et je suis personnellement très enthousiaste à l’idée de voir une autre femme prendre la direction d’une entreprise de haute technologie. Meilleurs voeux à Marissa et à Yahoo! », a-t-il dit dans une déclaration communiquée par Google.
Mme Mayer rejoint le cercle encore restreint des femmes patronnes aux Etats-Unis, et dans la high-tech en particulier, avec Meg Whitman (Hewlett-Packard), Ginni Rometty (IBM) et Ursula Burns (Xerox). Sa nomination il y a trois mois au conseil d’administration du géant de la distribution Wal-Mart avait déjà signalé son influence.Sur le fond, l’influent patron du fonds Andreessen Horowitz, Marc Andreessen, a jugé « très parlant de la part de Yahoo! de choisir quelqu’un qui est spécialisé dans les produits ». »Cela peut permettre à Yahoo! de redevenir novateur », a-t-il dit lors d’une conférence retransmise sur internet.
Mais Shar Van Boskirk, analyste chez Forrester Research, s’est inquiétée de voir Yahoo! prendre un énième virage : « Ils s’étaient concentrés sur le commerce avec Scott Thompson, ces dernières semaines sur la production médias (…) et maintenant j’ai l’impression que cette nomination signifie qu’ils veulent se concentrer sur les produits, comme la messagerie, les outils de gestion des publicités, etc. », a-t-elle dit à l’AFP. « Cela ne correspond pas à la vision qu’ils ont essayé de faire passer ces dernières années », a-t-elle ajouté.
« Le défi pour Yahoo!, c’est qu’il a trop de produits »,
L’expérience de Mme Mayer porte sur le développement de produits, or « le défi pour Yahoo!, c’est qu’il a trop de produits », estime-t-elle. « J’ai peur que son expertise soit (…) précisément ce qu’il faut que Yahoo! Réduise ». Le même jour de cette nomination, Yahoo a publié mardi 17 des résultats une nouvelle fois en stagnation, avec notamment une érosion de 4% de son bénéfice trimestriel. Le deuxième trimestre a vu son bénéfice net s’établir à 226,6 millions de dollars. Rapporté au nombre d’actions et hors frais liés à la restructuration annoncée en avril (2.000 emplois supprimés), cela revient à 27 cents, alors que les analystes n’en attendaient que 23. Mais le chiffre d’affaires a déçu le marché: il reflue de 1% à 1,22 milliard de dollars. Hors commissions versées aux sites partenaires il reste stable à 1,08 milliard, alors que le marché espérait 1,10 md et une progression de 1,8%.
Ces chiffres ont été publiés le jour même de la prise de fonctions de Marissa Mayer,
L’action Yahoo! gagnait 2,01% à 15,96 dollars dans les échanges électroniques après la clôture de la Bourse.L’analyste Trip Chowdhry, chez Global Equities Research, a appelé à la prudence***. « Marissa Mayer est quelqu’un de très intelligent, mais je ne crois pas que ça change grand chose », a-t-il dit à l’AFP. Selon lui, « elle n’a pas le pouvoir d’apporter une différence », vu l’influence qu’exerce déjà le fonds Third Point, un investisseur activiste plus intéressé selon lui par le profit à court terme que par une stratégie à long terme.
Domoclick.com avec l’AFP
Yahoo USA:
http://us.yahoo.com/
* 9 clés pour innover en suivant l’exemple Google
https://www.domoclick.com/renovation-isolation-biomateriaux/9-cles-pour-innover-en-suivant-l-exemple-google/
** Pourquoi des grandes marques du web vont disparaître d’ici 5 ans ?
http://www.internetactu.net/2012/05/29/pourquoi-facebook-et-google-devraient-avoir-completement-disparu-dici-5-ans/#comments
Le même sujet , en anglais:
http://www.forbes.com/sites/ericjackson/2012/04/30/heres-why-google-and-facebook-might-completely-disappear-in-the-next-5-years/
*** Pourquoi M Mayer ne devrait pas être a sa place chez Yahoo ? selon le magazine Bloomberg Business Week:
http://www.businessweek.com/articles/2012-07-17/why-marissa-mayer-may-not-fit-yahoo